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Charles Hermite (24 décembre 1822 [Dieuze] - 24 janvier 1901 [Paris])

Charles Hermite voit le jour à Dieuze (en Lorraine) le 24 décembre 1822. Il est le sixième d'une famille de 7 enfants, et est né avec une déformation au pied droit qui rend ses déplacements difficiles. Même si l'instruction n'est pas la priorité de ses parents, ils le laissent étudier au lycée Louis-le-Grand, où il a le même professeur que Galois 15 ans auparavant. Contrairement à ce dernier, Hermite réussit en 1842 le concours d'entrée à l'Ecole Polytechnique, où il n'étudie qu'une seule année, en raison de problèmes liés à son handicap.

À Paris, Hermite rentre en contact avec la communauté mathématique. Il devient ami avec Joseph Bertrand, dont il épouse la soeur : le couple aura deux filles. Surtout, il commence une correspondance fructueuse avec Jacobi. Les premiers résultats qu'il obtient sur les fonctions abéliennes et elliptiques lui donnent une première reconnaissance dans le cercle scientifique, et il revient en 1848 à l'Ecole Polytechnique, cette fois en tant que répétiteur et examinateur.

Les années qui suivent sont les plus prolifiques sur le plan de la recherche. Hermite est spécialement interessé par la théorie des nombres et les fonctions elliptiques (contrairement à la géométrie qu'il délaisse). On lui doit notamment :

  • des progrès importants concernant la théorie des fonctions doublement périodiques.
  • la résolution de l'équation du 5è degré par des fonctions elliptiques (on sait depuis les travaux d'Abel et Ruffini qu'elle n'est pas résoluble par radicaux).
  • la démonstration de la transcendance de e en 1872 (sa méthode sera utilisée par Lindemann en 1882 pour prouver la transcendance de pi).
  • l'interpolation qui porte son nom et perfectionne celle de Lagrange.

Le 14 juillet 1856, Hermite succède à Binet à l'Académie des Sciences. Pourtant, 1856 est une année difficile pour lui car il a contracté la syphillis. Son ami Cauchy l'aidera beaucoup à surmonter moralement cette épreuve, tout en lui insufflant ses convictions politique (Cauchy est royaliste) et religieuses (Cauchy est un fervent catholique).

À la fin de sa vie, Hermite délaisse quelque peu la recherche, mais reste un brillant pédagogue. Ses efforts sont dirigés non vers une rigueur excessive, mais vers un exposé clair des idées. Pour citer Borel :

"Les questions les plus arides, les calculs en apparence les plus ingrats se transfiguraient, tant il avait l'intuition de leurs secrètes beautés. Quelques-uns ont peut-être eu, autant qu'Hermite, le pouvoir de faire comprendre et admirer les Mathématiques; nul n'a su les faire aimer autant que lui."

De 1862 à 1873, Hermite sera notamment professeur à l'Ecole Normale Supérieure, où il exerce une influence considérable, et de 1869 à la fin de sa vie, il détient une chaire à la Sorbonne. Parmi ses élèves, on relève les noms de Poincaré et Hadamard. Hermite aidera aussi grandement le mathématicien hollandais Stieltjes à rentrer dans la vie scientifique, à travers une large correspondance.

Les entrées du Dicomaths correspondant à Hermite

Les mathématiciens contemporains de Hermite (né en 1822)