Félix Klein (25 avril 1849 [Düsseldorf] - 22 juin 1925 [Göttingen])

Félix Klein est un mathématicien allemand né le 25 avril 1849 à Düsseldorf. Son père est alors fonctionnaire de l'administration prussienne alors que se déroule la Révolution de Mars dans la confédération germanique du XIXè siècle. Élève précoce, il entre à l'Université de Bonn à 16 ans, après avoir effectué son lycée à Düsseldorf. Il est très vite l'assistant de Plücker. Son intention première est de devenir physicien, mais Plücker s'intéresse alors à la géométrie, particulièrement sur les droites dans l'espace projectif à trois dimensions. C'est donc vers cette discipline que se tourne Klein, qui obtient son doctorat en 1868. Malheureusement, cette même année, Plücker décède et c'est Clebsch, qui a perçu le potentiel du jeune Klein, qui le prend sous son aile.
Klein parfait alors sa formation par des voyages à Berlin, Göttingen et Paris. Il y fait des rencontres importantes, notamment avec Jordan et Lie, qui lui apprennent la théorie des groupes. Il se trouve malheureusement à Paris en juillet 1870 lorsque la guerre franco-prussienne éclate, et il doit rentrer précipitamment en Allemagne.
En 1872, alors qu'il n'a que 23 ans, il obtient la chaire de mathématiques de l'université d'Erlangen. Son discours inaugural, baptisé programme d'Erlangen, marque une profonde rupture dans la façon d'aborder la géométrie. Pour lui, une géométrie est la donnée d'un ensemble $E$ et d'un groupe $G$ de bijections de $E$. Étudier la géométrie de $(E,G)$, c'est étudier les propriétés des éléments de $E$ qui sont invariants par les transformations de $G$. Ce point de vue novateur, qui met la théorie des groupes au centre de la géométrie, est celui qui s'est imposé depuis lors. Peu de temps auparavant, à Göttingen, Klein avait aussi fait une avancée très importante en géométrie, en observant que la géométrie euclidienne et les géométries non-euclidiennes pouvaient être interprétées comme des géométries projectives sur une surface conique. Ainsi, il est sans fondement d'opposer ces deux types de géométrie.
Klein n'est pas heureux à Erlangen, car il a trop peu d'étudiants. Il cherche à changer d'université, occupe un poste à Munich à partir de 1875 (année où il épouse la petite fille du philosophe Hegel), puis à Leipzig à partir de 1880. C'est une période très féconde pour lui, durant laquelle il réalise des travaux de premier plan concernant les fonctions elliptiques et les fonctions automorphes. Malheureusement, vers 1883-1884, il souffre d'une grave dépression dont il ne se remettra jamais complètement. Ainsi, lorsqu'il obtient une chaire à Göttingen en 1886, l'essentiel de sa carrière de mathématicien est derrière lui (il n'a même pas 40 ans….). A Göttingen, Klein se consacre à cinq projets :
- (re)faire de Göttingen le centre névralgique des mathématiques. Ce fut un demi-échec, même s'il jeta les bases d'une vie moderne d'un département de mathématiques (bibliothèque, séminaire hebdomadaire) et réussit à attirer sans doute le plus brillant mathématicien de l'orée du XXiè siècle, David Hilbert ;
- l'édition de la revue Mathematische Annalen, fondée par Clebsch, mais qui prospère vraiment sous la direction de Klein, au point de surpasser son rival germanique, le Journal de Crelle ;
- l'enseignement des mathématiques : il est un des principaux artisans de l'introduction de l'enseignement du calcul différentiel et intégral dès le secondaire. Il est le premier président de la Commission Internationale de l'Enseignement des Mathématiques, qui décerne depuis 2003 le prix Félix Klein, qui récompense une carrière consacrée à la didactique des mathématiques ;
- l'édition d'une encyclopédie des mathématiques, l'Encyklopädie der mathematischen Wissenschaften ;
- l'admission des femmes dans les universités : il est le premier directeur de thèse d'une femme en Allemagne, Grace Young.
Klein prend sa retraite en 1913 et décède en 1925.