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Christiaan Huygens (1er avril 1629 [La Haye] - 8 juillet 1695 [La Haye])

Christiaan Huygens est un grand mathématicien et physicien hollandais du XVIIè siècle. Son père est diplomate, et il entretient des relations régulières avec le père Marin Mersenne, par qui transitent toutes les dernières découvertes scientifiques. D'autre part, Descartes est un ami de la famille, et ses idées influeront beaucoup sur la formation du jeune Huygens.

Jusqu'à l'âge de 16 ans, Christiaan Huygens est éduqué par des précepteurs, puis il va à l'université où il étudie le droit et les mathématiques. Ses premières prouesses concernent l'invention de nouveaux procédés pour améliorer les lentilles des télescopes. C'est ainsi qu'en 1655, il découvre la première lune de Saturne. A la même époque, lors d'un voyage à Paris, il prend connaissance des échanges épistolaires entre Fermat et Pascal sur la théorie des probabilités. Il reprend leurs idées, introduit l'espérance mathématique, et résout divers problèmes alors en vogue dans De Ratiociniis in Ludo Aleae, qui est le premier livre écrit sur les probabilités. D'autre part, la nécessité d'avoir des intruments précis pour mesurer le temps lors de ses expériences d'astronomie l'incitent à s'intéresser à la fabrication des horloges, et il est le premier à avoir l'idée d'utiliser le mouvement du pendule pour fabriquer des horloges.

En 1666, à l'invitation de Colbert, il s'installe à Paris comme membre de l'Académie Royale des Sciences. En fait, cette académie vient d'être créée, en réponse à la Royal Society of London, et n'est pas du tout structurée. C'est Huygens, qui connait les rouages de la Royal Society pour avoir longuement séjourné à Londres en 1661, qui prendra les rênes et organisera le fonctionnement de l'Académie.

En 1673, il publie son travail le plus important, Horlogium Oscillatorum, où il explique comment fabriquer des horloges fonctionnant sur le principe du pendule. Il montre aussi que la cycloïde est tautochrone, et est le premier à s'intéresser à la dynamique des corps et plus seulement des particules. Un autre travail majeur est le Traité de la Lumière qu'il écrit en 1678. Huygens y développe des arguments en faveur de la théorie ondulatoire de la lumière, au moment où Newton défend l'idée que la lumière est de nature corpusculaire. Même si le modèle de Huygens permet d'expliquer de nombreux phénomènes optiques, l'immense popularité de Newton fait que ce travail sur la lumière sera quasiment ignoré.

Le séjour à Paris dure de 1666 à 1681; il est entrecoupé de retours à la Haye car la santé de Huygens est fragile. En 1681, il quitte définitivement la France, initialement pour des raisons de santé, mais la mort de son protecteur Colbert et la politique de plus en plus réactionnaire de Louis XIV ne l'encouragent guère à revenir!

Au contraire, en 1689, il suit son frère en Angleterre, où il rencontre Newton. Il a beaucoup d'estime pour ce dernier, même s'il s'oppose à lui au sujet de la nature de la lumière, et même si la théorie de la gravitation universelle lui semble absurde. Il décède à la Haye en 1695, dans un relatif isolement.

Les mathématiciens contemporains de Huygens (né en 1629)