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#1 Re : Entraide (supérieur) » convergence d'intégrale » 16-10-2017 08:11:16
Fred,
Merci beaucoup. C'est vraiment le raisonnement qui me faisait défaut
pedestre
#2 Re : Entraide (supérieur) » Suite définie par récurrence » 15-10-2017 16:41:19
Bonjour,
Le polynôme annulateur (réel) a donc la racine double $1$ et 2 racines complexes conjuguées qu'on peut écrire $\rho e^{\pm i\theta}$. Sur le corps des complexes les suites solutions sont les suites $(An+B)+C e^{ i n \theta}+D e^{- i n \theta}$. Il reste à exprimer les exponentielles complexes sous forme trigonométrique et à imposer les conditions initiales. Ces conditions initiales imposent la réalité des coefficients et donc de la suite demandée. Le passage par les complexes pour obtenir un résultat réel a été abondamment pratiqué depuis l'invention des nombres complexes (et a même été la raison de cette invention)!
#3 Entraide (supérieur) » convergence d'intégrale » 15-10-2017 15:32:09
- pedestre
- Réponses : 2
Bonjour à tous.
j'ai la question suivante:
Soit $f$ une fonction numérique de classe $C^2$ sur $[0,+\infty[$. On suppose que $\displaystyle\int_0^{+\infty}f^2(x)\mathrm{d}x$ et $\displaystyle\int_0^{+\infty}f''\,^2(x)\mathrm{d}x$ convergent. Montrer que $\displaystyle\int_0^{+\infty}f'\,^2(x)\mathrm{d}x$ converge...
J'ai pensé à intégrer par parties $\displaystyle\int_0^{X}f'^2(x)\mathrm{d}x = f'(X)f(X)-f'(0)f(0)-\displaystyle\int_0^X f(x)f"(x)\mathrm{d}x$. L'intégrale subsistante se majore facilement en valeur absolue par l'inégalité de Cauchy-Schwarz, mais il me reste le méchant terme $f(X)f'(X)$ dont je ne sais que faire...
Merci de votre aide
#4 Re : Entraide (supérieur) » Probabilités (d'après un problème d'agrégation interne 2014) » 17-02-2015 08:13:58
Fred
Euh! c'est bien sûr l'inégalité de Markov et non Bienaymé Tchebycheff qu'on doit appliquer à [tex] |T_n-x_0|^4 [/tex]
Pierre D.
#5 Re : Entraide (supérieur) » Probabilités (d'après un problème d'agrégation interne 2014) » 16-02-2015 23:14:20
Fred,
Super, ça marche ! Il fallait bien sûr penser à faire intervenir la v.a [tex](T_n-x_0)^2[/tex] et utiliser la question 23 permettant avec Bienaymé Tchebychev de montrer que la partie de la somme correspondant à [tex] \left|\frac{k}{n}-x_0 \right |\geq \delta [/tex] était majorée par [tex]\dfrac{C}{n^2}[/tex]. Ce n'est pas évident à priori, encore qu'un "bon" candidat aurait dû se demander pourquoi on lui avait fait faire cette question 23!
Merci et amicalement
Pierre D.
#6 Re : Entraide (supérieur) » Probabilités (d'après un problème d'agrégation interne 2014) » 15-02-2015 23:06:47
Fred, merci de ta réponse. D'accord, f est continue (j'ai lu un peu trop vite l'énoncé...). Pour le reste, je vais continuer à chercher. Peut-être en effet avec la question 23 ? Il me paraît clair que Bienaymé Tchebicheff n'est pas suffisant pour conclure.
#7 Entraide (supérieur) » Probabilités (d'après un problème d'agrégation interne 2014) » 15-02-2015 14:22:21
- pedestre
- Réponses : 5
Bonjour à tous
Dans la seconde épreuve écrite de l'agrégation interne 2014, on trouve dans la partie III, question 24 la question suivante que j'expose ci-dessous en conservant les notations de l'énoncé:
[tex]T_n\;\;(n\in \mathbb N)[/tex] est la variable aléatoire numérique [tex]\;\dfrac{B(n,x_0)}{n}\quad [/tex] où [tex]B(n,x_0)[/tex] désigne la variable binomiale de paramètres [tex] n [/tex] et [tex] x_0 [/tex] avec [tex] x_0\in ]0,1[ [/tex]. On a donc [tex] \mathbb E(T_n)=x_0 [/tex] et [tex]\mathbb V (T_n)=\dfrac{x_0(1-x_0)}{n}[/tex].
On donne d'autre part une fonction [tex] f [/tex] de [tex][0,1] [/tex] dans [tex]\mathbb R[/tex] dérivable en [tex]x_0[/tex] et on définit la fonction [tex]g[/tex] par [tex] g(x)=f(x)-f(x_0)-(x-x_0)f'(x_0) [/tex]. On a donc [tex]g(x_0)=g'(x_0)=0[/tex], ce qui entraîne [tex]g(x)=(x-x_0)\,o(x-x_0)[/tex].
La question posée est alors la suivante: démontrer que [tex]\lim\limits_{n\to \infty}\dfrac{\mathbb E((T_n-x_0)g(T_n))}{\mathbb V(T_n)}=0[/tex].
Autrement dit, démontrer [tex]\lim\limits_{n\to\infty} \dfrac{1}{\mathbb V(T_n)} \sum\limits_{k=0}^n \left(\frac{k}{n}-x_0\right)g\left(\frac{k}{n}\right)\;\mathbb P\left(T_n=\frac{k}{n}\right)=0.[/tex]
La propriété [tex]g(x)=(x-x_0)o(x-x_0)[/tex] semble bien inciter à partager la somme précédente en 2 sommes dont l'une contient les termes correspondant à des valeurs de [tex] \frac {k}{n}[/tex] "proches de [tex]x_0[/tex]". Plus précisément, [tex]\varepsilon>0[/tex] étant fixé, on peut trouver [tex]\delta>0[/tex] tel que [tex] \left|x-x_0\right|<\delta \Rightarrow \left|g(x)\right|<\dfrac {\varepsilon}{2} \left|x-x_0\right| [/tex].
La somme partielle pour les valeurs de [tex]k[/tex] vérifiant [tex] \left|\frac {k}{n}-x_0\right|<\delta [/tex] se majore par [tex] \; \dfrac{\varepsilon}{2}\sum\limits_ {\underset { \left|\frac {k}{n}-x_0\right|<\delta }{k\in \{0,1,...,n \}} } \left|\frac{k}{n}-x_0\right|^2 \mathbb P\left(T_n=\frac{k}{n}\right) \;\leq \dfrac{\varepsilon}{2} \mathbb V(T_n) [/tex].
Tout semble donc marcher à merveille pour l'instant, mais ça se gâte ensuite... En effet on peut espérer une intervention des célèbres duettistes Bienaymé et Tchebycheff pour majorer convenablement la somme partielle pour les valeurs de [tex]k[/tex] vérifiant [tex] \left|\frac {k}{n}-x_0\right|\geq\delta [/tex], mais ça ne semble pas donner grand chose d'utile, d'autant plus que je ne vois pas bien comment faire intervenir [tex]n\to\infty[/tex]. Par ailleurs l'énoncé ne dit rien d'autre sur [tex]f[/tex] que sa dérivabilité en [tex]x_0[/tex]. On ne sait pas si cette fonction est continue ou même bornée . Toutefois l'énoncé est assez bizarre: Dans le préambule de la partie III qui annonce l'objectif de cette partie, on lit
"Nous montrons que si [tex]f[/tex] est une fonction de classe [tex]C^1[/tex] sur [tex][0,1][/tex], alors la suite [tex](B_n(f)')_{n\in\mathbb N} [/tex] converge uniformément vers [tex]f'[/tex]", alors qu'un constate qu'à aucun moment on ne montre cette convergence uniforme (mais seulement une convergence simple). La fonction [tex][/tex] ainsi évoquée dans ce préambule a-t-elle un lien avec la [tex] f[/tex] de la question 24 ? ...
Merci à tous ceux qui m'enverront leur réponse ou simplement un avis.
#8 Re : Entraide (supérieur) » Cube de Hilbert » 01-04-2012 14:04:56
C'est évidemment si n=0 que c'est terminé.
#9 Re : Entraide (supérieur) » Cube de Hilbert » 01-04-2012 14:02:40
Fred,
A la réflexion, je pense comprendre pourquoi [tex]I^{\infty}[/tex] est compact. En effet si on considère un recouvrement ouvert de [tex]I^{\infty}[/tex] , ce recouvrement contient au moins un [tex]U_1\times U_2\; ...\;U_n\times I\;...\;I\;...\;\; [/tex]. Si [tex]n=1[/tex] c'est terminé. Sinon il ne reste en plus qu'à recouvrir [tex]I^n[/tex] par les projections des ouverts du recouvrement sur [tex]I^n[/tex] (n premières composantes), ce qui peut se faire avec un sous-ensemble fini, vu la finitude de n.
#10 Re : Entraide (supérieur) » Cube de Hilbert » 01-04-2012 13:16:04
Bonjour Fred,
Merci, mais j'avais très bien lu le pdf. Dans mes messages je ne parlais pas du cube de Hilbert mais de [tex]I^{\infty}[/tex]. J'avoue ne pas bien comprendre pourquoi [tex]I^{\infty}[/tex] est compact (c'est peut-être trivial ??).
#11 Re : Entraide (supérieur) » Cube de Hilbert » 30-03-2012 10:48:37
Je complète.
Bon. On n'est pas obligé d'avoir [tex]I^{\infty}\in l_2[/tex], mais puisque dans la démonstration citée [tex]I^{\infty}[/tex] est déclaré compact, c'est avec quelle topologie ? Sûrement pas avec la distance [tex]d(x,y)=\sup\limits_{k\in\mathbb N}|x_k-y_k|[/tex] (prendre la suite [tex](x_n)[/tex] définie par [tex]x_n,k=\delta_n^k[/tex]. Une suite extraite ne peut être de Cauchy puisque la distance de 2 termes distincts est toujours 1).
#12 Re : Entraide (supérieur) » Cube de Hilbert » 30-03-2012 10:03:55
Bonjour,
(y compris pour Fred)
Que je sache [tex][0,1]^{\infty}[/tex] n'est pas inclus dans [tex]\{x\in \mathbb R^n\;/\; \sum\limits_{n=1}^\infty \;|x_n|^2\;<\;+\infty\}[/tex]. ???
#13 Re : Entraide (supérieur) » Symetrie centrale » 12-03-2012 14:07:12
Bonjour,
Sauf erreur, une condition d'existence d'une symétrie centrale de centre 0:
[tex]\exists k\in\mathbb Z^*\;\;\rho(\theta+k\pi)=(-1)^{k-1}\rho(\theta)[/tex]
#14 Re : Entraide (supérieur) » analyse numerique » 06-03-2012 19:25:05
Bonjour,
Il s'agit d'un problème de majoration sur tout un intervalle (]-1/2,1/2[). Une formule de type Young (avec reste en o(..)) ne peut absolument servir à rien ici.
Nous allons utiliser une formule d'inégalité de Taylor-Lagrange:
[tex]cos(u)=1-\frac{u^2}{2!}...+(-1)^p \frac{u^{2p}}{(2p)!}+R_{2p+1}(u)[/tex]
avec ici [tex]u=0,5 \pi t^2[/tex] et donc [tex]0\leq u <0,5 \pi/4<0,4[/tex] et l'inégalité de Taylor nous donne [tex]|R_{2p+1}(u)|\leq \sup\limits_{0\leq u<0,4}|\frac{u^{2p+1}}{(2p+1)!}sin u|[/tex] (puisque la dérivée d'ordre 2p+1 de cos u est +/-sin u).
Finalement [tex]|R_{2p+1}(u)|\leq \frac{0,4^{2p+2}}{(2p+1)!}[/tex]. Et donc [tex]|\int_0^X R_{2p+1}(u(t)) dt|\leq |X\frac{0,4^{2p+2}}{(2p+1)!}|\leq \frac{0,4^{2p+2}}{2(2p+1)!}[/tex].
Il nous suffira donc d'assurer que la valeur absolue de ce reste soit inférieure à [tex]\frac{10^{-4}}{2}[/tex] (on conserve [tex]\frac{10^{-4}}{2}[/tex] de marge pour les calculs). Un calcul rapide montre que p=2 est suffisant (l'erreur est en fait majoré par [tex]2 .10^{-5}[/tex]). Il reste donc à calculer :[tex]\int_0^X 1-\frac{(0,5\pi)^2 t^4}{2}+\frac{(0,5\pi)^4 t^8}{24} dt[/tex].
#15 Re : Entraide (supérieur) » Théorie de Galois » 03-10-2011 14:47:50
(suite)
Le corps de décomposition de [tex] X^3-3X+1[/tex]
C'est la plus petite (au sens de l'inclusion) extension du corps de base contenant toutes les racines de P. C'est évidemment une extension de [tex]\mathbb Q[\alpha][/tex]. Nous allons pour le déterminer devoir utiliser une propriété des polynômes [tex]X^3+pX+q[/tex]. Si [tex]\alpha,\beta,\gamma[/tex] sont les 3 racines (complexes, non nécessairement distinctes), on a [tex][(\alpha-\beta)(\beta-\gamma)(\gamma-\alpha)]^2=-4p^3-27 q^2[/tex] (ce nombre est désigné par discriminant du polynôme). Dans le cas de [tex]X^3-3X+1[/tex] on obtient [tex]81=9^2[/tex]. Par suite [tex](\alpha-\beta)(\beta-\gamma)(\gamma-\alpha)=9[/tex] ou [tex]-9[/tex] (et même 9 puisque [tex]\alpha<\beta<\gamma[/tex]). Donc [tex]\beta-\gamma=\dfrac{9}{(\alpha-\beta)(\gamma-\alpha)}[/tex]. Or [tex](\alpha-\beta)(\gamma-\alpha)=(\beta+\gamma)\alpha-\beta\gamma-\alpha^2[/tex] et compte tenu des relations classiques entre coefficients et racines [tex]\alpha+\beta+\gamma=0,\;\alpha\,\beta\,\gamma=-1[/tex] on arrive à [tex]\beta-\gamma=\dfrac{9}{-2\alpha^2+\frac{1}{\alpha}}\;=\;\dfrac{9\alpha}{1-2\alpha^3}[/tex]. Puis comme [tex]\beta+\gamma=-\alpha[/tex], on obtient finalement
[tex]\beta=\dfrac{\alpha(4+\alpha^3)}{1-2\alpha^3}[/tex] et [tex]\gamma=\dfrac{\alpha(\alpha^3-5)}{1-2\alpha^3}[/tex]. Par suite [tex]\beta[/tex] et [tex]\gamma[/tex] appartiennent à [tex]\mathbb Q[\alpha][/tex] et le corps de décomposition de P coïncide avec le corps de rupture [tex]\mathbb Q[\alpha][/tex] .
Cette situation est évidemment assez exceptionnelle parmi les polynômes [tex]X^3+pX+q[/tex] puisqu'il n'y a en général aucune raison pour que le discriminant soit le carré d'un rationnel.
Le groupe de Galois du polynôme [tex]X^3-3X+1[/tex]
Comme on sait il s'agit du groupe des automorphismes du corps de décomposition laissant invariant chaque élément du corps de base. Son ordre est égal au degré du corps de décomposition relativement au corps de base, c'est à dire [tex]3[/tex] dans le cas présent (le corps de décomposition égal ici à [tex]\mathbb Q[\alpha][/tex], le degré de cette extension qui est la dimension de [tex]\mathbb Q[\alpha] [/tex] en tant qu'espace vectoriel sur [tex]\mathbb Q[/tex] est [tex]\;3 \;[/tex] puisque cet espace vectoriel admet comme base [tex](1,\alpha,\alpha^2)[/tex]).
Si [tex]\sigma[/tex] est un élément du groupe de Galois, on a [tex]P(\,\sigma(\alpha)\,)=\sigma(P(\alpha))=\sigma(0)=0[/tex]. Donc [tex]\sigma(\alpha)\,\in\,\{\alpha,\beta,\gamma\}[/tex].
Si [tex]\sigma(\alpha)=\alpha[/tex] il en résulte que [tex]\forall (a,b,c)\in \mathbb Q ^3\;\sigma(a\,\alpha^2+b\,\alpha+c)=a\,\alpha^2+b\,\alpha+c[/tex] et [tex]\sigma[/tex] est donc l'application identité, l'unité e du groupe. Outre e, il reste 2 possibilités : [tex]\sigma(\alpha)=\beta[/tex] (donc [tex]\sigma(a\,\alpha^2+b\,\alpha+c)=a\,\beta^2+b\,\beta+c[/tex]) et [tex]\sigma(\alpha)=\gamma[/tex] (donc [tex]\sigma(a\,\alpha^2+b\,\alpha+c)=a\,\gamma^2+b\,\gamma+c[/tex]). On retrouve bien l'ordre 3 pour le groupe.
Ce groupe à 3 éléments est isomorphe au groupe alterné [tex] A_3[/tex] cyclique, engendré par chacun des 2 éléments différents du neutre.
Bon j'arrête ici. Naturellement il n'a pas été donné de formule donnant les solutions par radicaux, tout au plus on voit comment calculer les racines dès qu'on connaît l'une d'elles (ici [tex]\alpha[/tex], mais on pourrait de manière semblable partir de [tex]\beta[/tex] ou [tex]\gamma[/tex]). Mais ce n'était nullement le but. En fait les équations du 3e degré à discriminant positif, ce qui est le cas ici, conduisent toujours à des calculs de racines cubiques de nombres non réels qu'on ne peut ramener à des racines de réels (c'est le cas dit « irréductible » de l'équation du 3e degré).
Je ne sais pas si tout cela peut apporter quelque réponse à la question qui a été posée (par imed), mais …
A titre de sucrerie, je signale, bien que ceci n'ait pas grand chose à voir avec ce qui précède, la méthode (de Viète) consistant ici à poser [tex]X=2 \cos u[/tex]. Par application de la formule [tex]\cos(3\theta)=4\cos^3\,\theta-3 \cos \theta[/tex] on obtient l'équation [tex]\cos(3u)=-\dfrac{1}{2}[/tex]. Comme il nous suffit d'avoir une racine on peut prendre [tex]u=\dfrac{1}{3} \mathrm{arcos}\left(-\frac{1}{2}\right)\,=\,\dfrac{2\pi}{9}\;[/tex] et on obtient la solution de l'équation [tex]2 \cos\,\dfrac{2\pi}{9}\;[/tex]. (il s'agit de la racine [tex]1,532...[/tex] que nous avons appelée [tex]\gamma[/tex]).
Comme signalé plus haut, on ne peut exprimer ces racines avec des radicaux portant sur des réels. Tout au plus peut-on remarquer que [tex]2\cos\,\dfrac{2\pi}{9}\;=\,e^{\frac{2i\pi}{9}}+e^{-\frac{2i\pi}{9}} [/tex], les 2 termes étant racines cubiques respectives de [tex]j[/tex] et [tex]j^2[/tex].
Pierre (pedestre)
#16 Re : Entraide (supérieur) » Théorie de Galois » 01-10-2011 19:44:28
Bonjour,
Comme dit par ailleurs, la théorie de Galois n'a pas pour objet le calcul des racines avec des radicaux, ce calcul étant impossible en général dès que le degré dépasse 4. Pour les degrés [tex]\leq 4[/tex] on dispose de formules depuis la Renaissance (et la plus haute antiquité pour le degré 2).
Quelque mots sur le polynôme [tex]P(X)=X^3-3X+1[/tex].
On voit immédiatement en étudiant la fonction qu'il y a 3 racines réelles [tex]\alpha,\;\beta,\;\gamma\;\;[/tex] avec [tex]-2<\alpha<-1<\beta<1<\gamma<2[/tex].
P(X) est irréductible sur le corps de base [tex]\mathbb Q\;[/tex] (plus petit corps contenant les coefficients). Vérifions cela: Si P(X) était le produit de 2 polynômes non constants, l'un de ces diviseurs serait de degré 1, ce qui signifierait que P(X) possède une racine rationnelle [tex]\;\frac{a}{b}\;[/tex] (on suppose a et b premiers entre eux et b [tex]\in \mathbb N^*[/tex]). On aurait donc [tex]a^3=3 ab^2 +b^3.\,[/tex] b divisant le second membre diviserait le premier et diviserait [tex]a[/tex]. Mais comme a et b sont premiers entre eux, nécessairement on aurait b=1 et donc la racine serait entière, ce qui est exclu.
L'irréductibilité de P(X) entraîne qu'il ne peut exister de polynôme Q(X) de [tex]\mathbb Q[X][/tex] non nul de degré < 3 admettant l'une des racines de P(X). En effet si c'était le cas, P(X) et Q(X) ayant une racine commune complexe (réelle ici, d'ailleurs) auraient un pgcd non constant de degré <3. Le calcul du pgcd par l'algorithme d'Euclide montre qu'en fait ce pgcd [tex]\in \mathbb Q[X][/tex]. Ceci est impossible par irréductibilité de P(X). P(X) est un polynôme de degré minimal admettant [tex]\alpha[/tex] comme racine. En fait on vérifie (par division) qu'il est unique si on impose en plus qu'il soit unitaire. Ce polynôme porte le nom de polynôme minimal de [tex]\alpha[/tex] . En fait c'est aussi celui de [tex]\beta[/tex] et [tex]\gamma[/tex].
Construction d'un corps de rupture.
Choisissons l'une des racines de P(X), soit par exemple [tex]\alpha[/tex]. Nous cherchons une extension du corps de base qui contienne [tex]\alpha[/tex] et qui soit minimale par inclusion. Un tel corps sera dit un corps de rupture de P(X). Il se notera [tex]\mathbb Q[\alpha][/tex].
Montrons que [tex]\mathbb Q[\alpha]=\{a\;\alpha^2+b\;\alpha+c\;/\,(a,b,c)\in \mathbb Q^3\}[/tex].
On peut en effet démontrer facilement que les axiomes des corps sont bien vérifiés. Seuls 2 problèmes:
- la stabilité pour le produit: Ne pas oublier que [tex]P(\alpha)=0[/tex], ce qui entraîne que la valeur pour [tex]\alpha[/tex] de tout polynôme rationnel est égale à celle du reste de la division par P(X).
- L'existence de l'inverse d'un élément non nul: Remarquer d'abord que [tex]a\;\alpha^2+b\;\alpha+c[/tex] ne peut être nul que si [tex]a=b=c=0[/tex]. En effet si a,b,c ne sont pas tous trois nuls, la condition [tex]a\;\alpha^2+b\;\alpha+c=0[/tex] entraînerait l'existence du polynôme de degré 2 [tex]aX^2+bX+c[/tex] admettant la racine [tex]\alpha[/tex], ce qui est impossible comme on l'a vu.
Soit donc [tex]a\;\alpha^2+b\;\alpha+c\;\neq\,0[/tex]. Comme les polynômes [tex]aX^2+bX+c[/tex] et P(X) de [tex]\mathbb Q[X][/tex] sont premiers entre eux (P(X) irréductible) il résulte du théorème de Bézout qu'il existe 2 polynômes U(X) et V(X) [tex]\in \mathbb Q[X][/tex] vérifiant [tex]U(X)(aX^2+bX+c)+V(X)P(X)=1[/tex]. En faisant [tex]X=\alpha[/tex] on voit que [tex]U(\alpha)(a\;\alpha^2+b\;X+c)=1[/tex]. Ainsi [tex](a\;\alpha^2+b\;X+c)^{-1}=U(\alpha)[/tex].
Inversement un corps contenant [tex]\mathbb Q[/tex] et [tex]\alpha[/tex] contient nécessairement tous les nombres [tex]a\;\alpha^2+b\;\alpha +c[/tex] que nous venons de voir. Ceci achève la démonstration.
A suivre dans un prochain message.
Pierre (Pedestre)
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