Transformée de Fourier
Le son est de nature ondulatoire. Il correspond à une vibration qui se propage dans le temps.
Pourtant, quand on écoute un instrument de musique, on n'entend pas une vibration (fonction du temps),
mais une note, c'est-à-dire une fréquence. Notre oreille a donc pesé le poids relatif de chaque fréquence dans le signal temporel :
elle a calculé la transformée de Fourier du signal original.
Soit $f$ une fonction de $L^1(\mathbb R)$. On appelle transformée de Fourier de $f$, qu'on note $\hat f$ ou $\mathcal F(f)$, la fonction définie sur $\mathbb R$ par $$\hat f(x)=\int_{\mathbb R}e^{-ixt}f(t)dt.$$
Tous les mathématiciens et physiciens ne s'accordent pas sur la définition de la transformée de Fourier,
la normalisation peut changer. On peut par exemple rencontrer la définition
$$\hat f(x)=\int_{\mathbb R}e^{-2\pi ixt}f(t)dt$$
ou encore
$$\hat f(x)=\frac1{\sqrt{2\pi}}\int_{\mathbb R}e^{-ixt}f(t)dt.$$
Des facteurs $2\pi$ ou $\sqrt{2\pi}$ pourront changer dans les propriétés qu'on donne ci-après.
Soit $f$ et $g$ deux fonctions de $L^1(\mathbb R)$. On a le tableau suivant :
$$ \begin{array}{c|c} \textrm{fonction}&\textrm{transformée de Fourier}\\ \hline f(x)e^{i\alpha x}&\hat f(t-\alpha)\\ f(x-\alpha)&e^{-it\alpha}\hat f(t)\\ f\star g& \hat f \cdot \hat g\\ f\cdot g&\frac 1{2\pi}\hat f\star \hat g\\ f\left(\frac x{\lambda}\right)&|\lambda|\hat f(\lambda t). \end{array}$$En outre, pour tout $f$ de $L^1(\mathbb R)$, on prouve que $\hat f$ est continue, que $\hat f$ tend vers 0 en l'infini et donc que $\hat f$ est bornée. Plus précisément, l'application qui à tout $f\in L^1(\mathbb R)$ associe sa transformée de Fourier $\hat f\in \mathcal C_0(\mathbb R),$ où $\mathcal C_0(\mathbb R)$ est l'ensemble des fonctions continues qui tendent vers $0$ en l'infini, est une application linéaire continue de norme $1$ et injective. C'est aussi un morphisme d'algèbres.
Si $f$ est plus régulière, on a le résultat suivant :
Les deux théorèmes précédents illustrent le principe général suivant : la transformée de Fourier échange la régularité et la décroissance en l'infini.
Sous certaines conditions, il est possible d'inverser la transformée de Fourier, c'est-à-dire de retrouver $f$ en connaissant $\hat f$.
On en déduit que deux fonctions intégrables qui ont même transformée de Fourier sont égales presque partout.
$L^1(\mathbb R)$ n'est pas forcément le meilleur cadre pour définir la transformée de Fourier, car
$L^1(\mathbb R)$ n'est pas stable par la transformée de Fourier. On préfère souvent l'étudier sur $L^2(\mathbb R)$
(définition via le théorème de Plancherel), sur l'espace de Schwartz des fonctions à décroissance rapide, ou encore sur l'espace des distributions tempérées.
La transformée de Fourier permet de résoudre des équations différentielles, ou des équations de convolution, qu'elle transforme en équations algébriques.








