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#1 15-02-2018 11:12:25

Yassine
Membre
Inscription : 09-04-2013
Messages : 1 090

Réforme du Bac

Bonjour à tous,
Que pensent les profs du forum sur cette proposition de réforme ?

Je suis pour ma part partagé. Je vois bien l'intérêt d'une dose de contrôle continue et d'un Oral, et en même temps, je vois le risque d'amoindrir la valeur du diplôme selon la réputation du Bahut : Bac LLG ou H4 vs Bac Trifouilly-les-Oies.

Cela dit, pour les dossiers APB (ou Parcours Sup), cette réputation du lycée d'origine est déjà prise en compte.

A vous lire


L'ennui dans ce monde c'est que les idiots sont sûrs d'eux et les gens sensés pleins de doutes. B. Russel

Hors ligne

#2 18-02-2018 10:48:24

yoshi
Modo Ferox
Inscription : 20-11-2005
Messages : 12 604

Re : Réforme du Bac

Bonjour,

Vu mon âge, il est évident que j'en ai vu passer des réformes, des programmes plus ou moins douteux, des ministres et des élèves... s'pas !
J'avais coutume avec mes zèbres, en certaines circonstances, d'utiliser cette "comparaison" :
vous faites construire une maison, et vous faites remarquer que vu le rez-de-chaussée, vous avez ses doutes sur la solidité du 1er étage.
On vous répond :
Bah ! on le consolidera, et au pire on le refera entièrement...
Libre à vous alors d'accepter.
Mais moi, je n'y habiterais pas...

Tout ça pour dire que pour moi, Bac ou sections ES S, L... le problème est en amont.
Parler du Bac S, sous-entendant ainsi son unicité, remettant en cause son extrême spécialisation, stigmatisant son caractère élitisten c'est se tromper - au moins provisoirement - de combat : le vin est gâté ? Changeons de bouteille !
Le nouveau Bac, c'est le nouveau conteneur...
Je pense que ce besoin de changement est lié à deux constats :
- les universités sont bien chargées en effectif et elles n'auront pas de moyens supplémentaires pour y faire face,
- le taux d'échec en 1ere, voire 2e année est (trop ?) important,
- De nombreux élèves ont mis en cause pourtant "l'extrême" (!)  difficulté que leur avait causé les sujets de l'an dernier et de l'année d'avant.
  On a même vu l'an dernier dans la foulée, le mouvement s'étendre au sujet de Maths du Brevet des Collèges avec cette stat terrifiante quand on connaît le sujet et les... instructions de correction 30 % des élèves on eu la moyenne à cette épreuve)
Malgré cela, les taux de passage en 2nde, sont toujours aussi élevés...

J'ai toujours pensé que la formation délivrée aux élèves était en cause : on en fait de bons petits perroquets, incapables de s'adapter à des formulations originales... C'est déjà vrai en 6e...
Testez donc sur des gamins de cet âge, l'exercice suivant :
Vous allez faire un achat qui vous coûte 19,15 €. Vous payez avec un billet de 20 € et le commerçant vous dit alors qu'il manque de monnaie et vous demande si vous n'avez pas 15 cts...
Vous fouillez votre porte-monnaie et lui tendez ces 15 cts. Combien va-t-il vous rendre ?

Un certain nombre répond 70 cts...

Autre exercice en 6e toujours, pas concret celui-là :
présenter posées, la multiplication de 325 par 47 (par exemple) et sa version fausse (en le précisant) en décalent les chiffres du 2e produit partiel d'un rang vers la droite (et non plus vers la gauche) sans le résultat final.
Demander par combien en réalité on a multiplié 325.
Demander quelle est la différence entre le vrai résultat final et le faux, sans les calculer l'un et l'autre...
En coup de pouce, on peut ajouter le zéro absent dans l'une et l'autre multiplication.
Alors, oui bien sûr, il y a là-dedans la notion de distributivité...
Mais, elle n'est pas vue avant 5e/4e...
Oui, elle y est formellisée, explicite : dans l'exercice, c'est du domaine de l'implicite, je suis d'accord - si je les ai bien lus- avec les liens fournis (ils sont d'une formidable richesse : combien de nos penseurs les ont-ils lus ?) par Mateo dans son post http://www.bibmath.net/forums/viewtopic.php?id=9973 : il doit y avoir un temps pour l'implicite et un pour l'explicite...
Oui, c'est déstabilisant... Au début. Et alors ? Il faut en être conscient, penser aux explications et à la façon de guider vers la réponse(en utilisant in exemple concret pour rendre la distributivité et son emploi "naturels"...
Ce n'est pas à ça que tend la méthode Singapour ?

Moi, je commencerais par refaire la maison de A à Z en partant des fondations...
En cela, je suis d'accord avec les idées émises sur le primaire : revenir aux fondamentaux, savoir lire, écrire et compter. Dans compter, j'ajoute avoir le sens des opérations.
A partir de là, définir précisément le but que l'on assigne à l'Enseignement Supérieur et donc ses contenus.
Il reste alors à combler le trou des 7 ans Collège/Lycée de la façon la plus harmonieuse, la plus homogène possible...

Vos l'avez sûrement compris, je pense que de ce sera une réforme de plus, une usine à gaz de plus et que ça ne résoudra pas le problème...
Déjà quand je lis "contrôle continu", j'ai tous les poils qui se hérissent : c'est comme ça qu'au Brevet on a vu arriver des établissements qui présentaient des taux de réussite au Brevet des Collèges dès le contrôle continu (3 ou 4 de moyenne à l'examen ne changeait rien) incroyables...
Je suis opposé au Contrôle continu, je suis opposé à des sujets d'examens non nationaux (comme pour les programmes par exemple), mais en amont, il faut privilégier la capacité à réfléchir à s'adapter à des formulations sortant un peu de l'ordinaire (au sens strict du mot)...
Je partage les craintes de Yassine.
Mais peut-être que le Bac (nouveau, comme le Beaujolais) va se voir assigner un objectif différent, par exemple un Certificat de Fin d'Etudes Secondaires : dans ce cas, cela change tout !

Mais combien d'élèves n'ont rien à faire dans le 2ndaire ?
Ensuite, combien n'ont (n'avaient) rien à faire dans une section scientifique S ou ES, Technologique ?
Alors majeures, mineures, grand oral (plus axé sur la forme que le fond, ai-je cru comprendre), cela changera-t-il quelque chose à l'échec en Fac ou Grandes Ecoles (encore qu'il doit y être moindre) ? Le problème se situe en amont du filtre mis en place...
Lycéen, j'étais face aux sections A, A', C, M, M', T... puis en Terminale, existaient les Bacs Mathématiques Elementaires, Sciences Expérimentales, Littéraire et Mathématiques et Technologie (on disait MathTech : je m'aperçois que j'ai oublié - ou jamais su - la dénomination exacte). Et les taux de réussite étaient encore inférieurs à ce qu'ils sont maintenant très loin des 85 % de réussite aux Bac S.
Je fais le pari que ça n'atténuera pas la grogne, ni les problèmes rencontrés : c'est du rafistolage, à une échelle importante certes, mais du rafistolage...
J'ai tort ? C'est un prélude à un chantier plus vaste ? je veux bien, j'attends de voir...

@+


Arx Tarpeia Capitoli proxima...

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#3 21-02-2018 10:30:47

freddy
Membre chevronné
Lieu : Paris
Inscription : 27-03-2009
Messages : 6 345

Re : Réforme du Bac

Salut,

de toutes les façons, ce marquage implicite dure depuis très longtemps, disons plus de 50 ans.
A l'époque où les sujets étaient non nationaux mais par académie, on savait bien (on le vérifiait en bossant sur les annales) que ceux de certaines académies, comme Paris-Créteil-Versailles (et d'autres, comme par exemple Aix Marseille), étaient plus pointus que d'autres.

Ensuite, avec l'objectif d'avoir 80 % d'une classe d'âge au bachot (contre 3/5 % dans les années 50/60 et 8/15 % au début des années 70), on avait bien compris que le lycée d'origine allait compter aussi bien, dans un premier temps, pour les oraux du second groupe (improprement appelés "repêchage"), que, dans un second temps, pour l'admission dans certaines filières d'enseignement supérieur. La mention est devenue une seconde clé de tri et depuis plusieurs années, on sait que c'est désormais le dossier scolaire qui permet, avant même l'examen terminal, de réserver des places.

Donc en réalité, rien de bien nouveau sous le soleil.

Ce que cette réforme m'inspire est qu'on essaie d'introduire dès le lycée les méthodes d'examen pratiquées à l'université : contrôle continue sur un ensemble de matières propres à la spécialité + matières moins spécifiques à examen terminal (sous la forme d'une épreuve écrite ou orale).

Le point de détail qui m'échappe : le grand oral aura t-il lieu avec des profs d'autres lycées, ou bien uniquement ceux du lycée dont le candidat est originaire (comme à l'université) ?

Pour information, les profs du secondaire devraient être contents de cette réforme, car se taper chaque année des réunions d'harmonisation pour s'assurer que tout le monde donnera la même note à la même bêtise formulée par les candidats, avait tendance à horripiler les correcteurs qui avaient de fait perdu tout pouvoir d'appréciation. Au bout du bout, cet examen de fin d'études secondaires a perdu tout son sens initial, victime de son propre succès !

Petit rappel : à une certaines époque, le titre de bachelier était prestigieux, et donc tout le monde aspirait à l'être ; ensuite, le titre de licencié (maître)  était encore plus prestigieux, et là encore, tout le monde voulait l'être ; aujourd'hui, tout le monde peut être docteur ès quelque chose (pensez aux frères B.) ... Sic Transit Gloria Mundi :-)

Dernière modification par freddy (21-02-2018 14:18:08)


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