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#1 Re : Entraide (supérieur) » Cube de Hilbert » 01-04-2012 14:04:56

C'est évidemment si n=0 que c'est terminé.

#2 Re : Entraide (supérieur) » Cube de Hilbert » 01-04-2012 14:02:40

Fred,

A la réflexion, je pense comprendre pourquoi \(\displaystyle I^{\infty}\) est compact. En effet si on considère un recouvrement ouvert de \(\displaystyle I^{\infty}\) , ce recouvrement contient au moins un \(\displaystyle U_1\times U_2\; ...\;U_n\times I\;...\;I\;...\;\; \) . Si \(\displaystyle n=1\) c'est terminé. Sinon il ne reste en plus qu'à recouvrir \(\displaystyle I^n\) par les projections des ouverts du recouvrement sur \(\displaystyle I^n\) (n premières composantes), ce qui peut se faire avec un sous-ensemble fini, vu la finitude de n.

#3 Re : Entraide (supérieur) » Cube de Hilbert » 01-04-2012 13:16:04

Bonjour Fred,

Merci, mais j'avais très bien lu le pdf. Dans mes messages je ne parlais  pas du cube de Hilbert mais de \(\displaystyle I^{\infty}\) . J'avoue ne pas bien comprendre pourquoi \(\displaystyle I^{\infty}\) est compact (c'est peut-être trivial  ??).

#4 Re : Entraide (supérieur) » Cube de Hilbert » 30-03-2012 10:48:37

Je complète.

Bon. On n'est pas obligé d'avoir \(\displaystyle I^{\infty}\in l_2\) , mais puisque dans la démonstration citée \(\displaystyle I^{\infty}\) est déclaré compact, c'est avec quelle topologie ?  Sûrement pas avec la distance \(\displaystyle d(x,y)=\sup\limits_{k\in\mathbb N}|x_k-y_k|\) (prendre la suite \(\displaystyle (x_n)\) définie par \(\displaystyle x_n,k=\delta_n^k\) . Une suite extraite ne peut être de Cauchy puisque la distance de 2 termes distincts est toujours 1).

#5 Re : Entraide (supérieur) » Cube de Hilbert » 30-03-2012 10:03:55

Bonjour,

(y compris pour Fred)

Que je sache \(\displaystyle [0,1]^{\infty}\) n'est pas inclus dans \(\displaystyle \{x\in \mathbb R^n\;/\; \sum\limits_{n=1}^\infty \;|x_n|^2\;<\;+\infty\}\) . ???

#6 Re : Entraide (supérieur) » Symetrie centrale » 12-03-2012 14:07:12

Bonjour,

Sauf erreur, une condition d'existence d'une symétrie centrale de centre 0:
\(\displaystyle \exists k\in\mathbb Z^*\;\;\rho(\theta+k\pi)=(-1)^{k-1}\rho(\theta)\)

#7 Re : Entraide (supérieur) » analyse numerique » 06-03-2012 19:25:05

Bonjour,

Il s'agit d'un problème de majoration sur tout un intervalle (]-1/2,1/2[). Une formule de type Young (avec reste en o(..)) ne peut absolument servir à rien ici.

Nous allons utiliser une formule d'inégalité de Taylor-Lagrange:
\(\displaystyle cos(u)=1-\frac{u^2}{2!}...+(-1)^p \frac{u^{2p}}{(2p)!}+R_{2p+1}(u)\)
avec ici \(\displaystyle u=0,5 \pi t^2\) et donc \(\displaystyle 0\leq u <0,5 \pi/4<0,4\)   et l'inégalité de Taylor nous donne \(\displaystyle |R_{2p+1}(u)|\leq \sup\limits_{0\leq u<0,4}|\frac{u^{2p+1}}{(2p+1)!}sin u|\)   (puisque la dérivée d'ordre 2p+1 de cos u est +/-sin u).
Finalement \(\displaystyle |R_{2p+1}(u)|\leq \frac{0,4^{2p+2}}{(2p+1)!}\) . Et donc \(\displaystyle |\int_0^X R_{2p+1}(u(t)) dt|\leq |X\frac{0,4^{2p+2}}{(2p+1)!}|\leq \frac{0,4^{2p+2}}{2(2p+1)!}\) .

Il nous suffira donc d'assurer que la valeur absolue de ce reste soit inférieure à \(\displaystyle \frac{10^{-4}}{2}\) (on conserve \(\displaystyle \frac{10^{-4}}{2}\) de marge pour les calculs). Un calcul rapide montre que p=2 est suffisant (l'erreur est en fait majoré par \(\displaystyle 2 .10^{-5}\) ). Il reste donc à calculer : \(\displaystyle \int_0^X 1-\frac{(0,5\pi)^2 t^4}{2}+\frac{(0,5\pi)^4 t^8}{24} dt\) .

#8 Re : Entraide (supérieur) » Théorie de Galois » 03-10-2011 14:47:50

(suite)


Le corps de décomposition de \(\displaystyle X^3-3X+1\)

C'est la plus petite (au sens de l'inclusion) extension du corps de base contenant toutes les racines de  P. C'est évidemment une extension de \(\displaystyle \mathbb Q[\alpha]\) . Nous allons pour le déterminer devoir utiliser une propriété des polynômes \(\displaystyle X^3+pX+q\) . Si \(\displaystyle \alpha,\beta,\gamma\) sont les 3 racines (complexes, non nécessairement distinctes), on a \(\displaystyle [(\alpha-\beta)(\beta-\gamma)(\gamma-\alpha)]^2=-4p^3-27 q^2\) (ce nombre est désigné par discriminant du polynôme). Dans le cas de \(\displaystyle X^3-3X+1\) on obtient \(\displaystyle 81=9^2\) . Par suite \(\displaystyle (\alpha-\beta)(\beta-\gamma)(\gamma-\alpha)=9\) ou \(\displaystyle -9\) (et même 9 puisque \(\displaystyle \alpha<\beta<\gamma\) ). Donc \(\displaystyle \beta-\gamma=\dfrac{9}{(\alpha-\beta)(\gamma-\alpha)}\) . Or \(\displaystyle (\alpha-\beta)(\gamma-\alpha)=(\beta+\gamma)\alpha-\beta\gamma-\alpha^2\) et compte tenu des relations classiques entre coefficients et racines \(\displaystyle \alpha+\beta+\gamma=0,\;\alpha\,\beta\,\gamma=-1\) on arrive à \(\displaystyle \beta-\gamma=\dfrac{9}{-2\alpha^2+\frac{1}{\alpha}}\;=\;\dfrac{9\alpha}{1-2\alpha^3}\) . Puis comme \(\displaystyle \beta+\gamma=-\alpha\) , on obtient finalement
\(\displaystyle \beta=\dfrac{\alpha(4+\alpha^3)}{1-2\alpha^3}\) et \(\displaystyle \gamma=\dfrac{\alpha(\alpha^3-5)}{1-2\alpha^3}\) . Par suite \(\displaystyle \beta\) et \(\displaystyle \gamma\) appartiennent à \(\displaystyle \mathbb Q[\alpha]\) et le corps de décomposition de P coïncide avec le corps de rupture  \(\displaystyle \mathbb Q[\alpha]\) .

Cette situation est évidemment assez exceptionnelle parmi les polynômes \(\displaystyle X^3+pX+q\) puisqu'il n'y a en général aucune raison pour que le discriminant soit le carré d'un rationnel.

Le groupe de Galois du polynôme \(\displaystyle X^3-3X+1\)

Comme on sait il s'agit du groupe des automorphismes du corps de décomposition laissant invariant chaque élément du corps de base. Son ordre est égal au degré du corps de décomposition relativement au corps de base, c'est à dire \(\displaystyle 3\) dans le cas présent (le corps de décomposition égal ici à \(\displaystyle \mathbb Q[\alpha]\) , le degré de cette extension qui est la dimension de \(\displaystyle \mathbb Q[\alpha] \) en tant qu'espace vectoriel sur \(\displaystyle \mathbb Q\) est \(\displaystyle \;3 \;\) puisque cet espace vectoriel admet comme base \(\displaystyle (1,\alpha,\alpha^2)\) ).

Si \(\displaystyle \sigma\) est un élément du groupe de Galois, on a \(\displaystyle P(\,\sigma(\alpha)\,)=\sigma(P(\alpha))=\sigma(0)=0\) . Donc \(\displaystyle \sigma(\alpha)\,\in\,\{\alpha,\beta,\gamma\}\) .
Si \(\displaystyle \sigma(\alpha)=\alpha\) il en résulte que \(\displaystyle \forall (a,b,c)\in \mathbb Q ^3\;\sigma(a\,\alpha^2+b\,\alpha+c)=a\,\alpha^2+b\,\alpha+c\) et \(\displaystyle \sigma\) est donc l'application identité, l'unité e du groupe. Outre e, il reste 2 possibilités : \(\displaystyle \sigma(\alpha)=\beta\) (donc \(\displaystyle \sigma(a\,\alpha^2+b\,\alpha+c)=a\,\beta^2+b\,\beta+c\) ) et \(\displaystyle \sigma(\alpha)=\gamma\) (donc \(\displaystyle \sigma(a\,\alpha^2+b\,\alpha+c)=a\,\gamma^2+b\,\gamma+c\) ). On retrouve bien l'ordre 3 pour le groupe.

Ce groupe à 3 éléments est isomorphe au groupe alterné \(\displaystyle A_3\)   cyclique, engendré par chacun des 2 éléments différents du neutre.


Bon j'arrête ici. Naturellement il n'a pas été donné de formule donnant les solutions par radicaux, tout au plus on voit comment calculer les racines dès qu'on connaît l'une d'elles (ici \(\displaystyle \alpha\) , mais on pourrait de manière semblable partir de \(\displaystyle \beta\) ou \(\displaystyle \gamma\) ). Mais ce n'était nullement le but. En fait les équations du 3e degré à discriminant positif, ce qui est le cas ici, conduisent toujours à des calculs de racines cubiques de nombres non réels qu'on ne peut ramener à des racines de réels (c'est le cas dit « irréductible » de l'équation du 3e degré).

Je ne sais pas si tout cela peut apporter quelque réponse à la question qui a été posée (par imed), mais …

A titre de sucrerie, je signale, bien que ceci n'ait pas grand chose à voir avec ce qui précède, la méthode (de Viète) consistant ici à poser \(\displaystyle X=2 \cos u\) . Par application de la formule \(\displaystyle \cos(3\theta)=4\cos^3\,\theta-3 \cos \theta\) on obtient l'équation \(\displaystyle \cos(3u)=-\dfrac{1}{2}\) . Comme il nous suffit d'avoir une racine on peut prendre \(\displaystyle u=\dfrac{1}{3} \mathrm{arcos}\left(-\frac{1}{2}\right)\,=\,\dfrac{2\pi}{9}\;\) et on obtient la solution de l'équation \(\displaystyle 2 \cos\,\dfrac{2\pi}{9}\;\) . (il s'agit de la racine \(\displaystyle 1,532...\) que nous avons appelée \(\displaystyle \gamma\) ).
Comme signalé plus haut, on ne peut exprimer ces racines avec des radicaux portant sur des réels. Tout au plus peut-on remarquer que \(\displaystyle 2\cos\,\dfrac{2\pi}{9}\;=\,e^{\frac{2i\pi}{9}}+e^{-\frac{2i\pi}{9}} \) , les 2 termes étant racines cubiques respectives de \(\displaystyle j\) et \(\displaystyle j^2\) .

Pierre (pedestre)

#9 Re : Entraide (supérieur) » Théorie de Galois » 01-10-2011 19:44:28

Bonjour,

Comme dit par ailleurs, la théorie de Galois n'a pas pour objet le calcul des racines avec des radicaux, ce calcul étant impossible en général dès que le degré dépasse 4. Pour les degrés \(\displaystyle \leq 4\) on dispose de formules depuis la Renaissance (et la plus haute antiquité pour le degré 2).


Quelque mots sur le polynôme \(\displaystyle P(X)=X^3-3X+1\) .

On voit immédiatement en étudiant la fonction qu'il y a 3 racines réelles \(\displaystyle \alpha,\;\beta,\;\gamma\;\;\) avec \(\displaystyle -2<\alpha<-1<\beta<1<\gamma<2\) .

P(X) est irréductible sur le corps de base \(\displaystyle \mathbb Q\;\) (plus petit corps contenant les coefficients). Vérifions cela: Si P(X) était le produit de 2 polynômes non constants, l'un de ces diviseurs serait de degré 1, ce qui signifierait que P(X) possède une racine rationnelle \(\displaystyle \;\frac{a}{b}\;\)   (on suppose a et b premiers entre eux et b \(\displaystyle \in \mathbb N^*\) ). On aurait donc \(\displaystyle a^3=3 ab^2 +b^3.\,\) b divisant le second membre diviserait le premier et diviserait \(\displaystyle a\) . Mais comme a et b sont premiers entre eux, nécessairement on aurait b=1 et donc la racine serait entière, ce qui est exclu.

L'irréductibilité de P(X) entraîne qu'il ne peut exister de polynôme Q(X) de \(\displaystyle \mathbb Q[X]\) non nul de degré < 3 admettant l'une des racines de P(X). En effet si c'était le cas, P(X) et Q(X) ayant une racine commune complexe (réelle ici, d'ailleurs) auraient un pgcd non constant de degré <3. Le calcul du pgcd par l'algorithme d'Euclide montre qu'en fait ce pgcd \(\displaystyle \in \mathbb Q[X]\) . Ceci est impossible par irréductibilité de P(X).  P(X) est un polynôme de degré minimal admettant \(\displaystyle \alpha\) comme racine. En fait on vérifie (par division) qu'il est unique si on impose en plus qu'il soit unitaire. Ce polynôme porte le nom de polynôme minimal de \(\displaystyle \alpha\) .  En fait c'est aussi celui de \(\displaystyle \beta\)   et  \(\displaystyle \gamma\) .

Construction d'un corps de rupture.
Choisissons l'une des racines de P(X), soit par exemple \(\displaystyle \alpha\) . Nous cherchons une extension du corps de base qui contienne \(\displaystyle \alpha\) et qui soit minimale par inclusion. Un tel corps sera dit un corps de rupture de P(X). Il se notera \(\displaystyle \mathbb Q[\alpha]\) .
Montrons que \(\displaystyle \mathbb Q[\alpha]=\{a\;\alpha^2+b\;\alpha+c\;/\,(a,b,c)\in \mathbb Q^3\}\) .   
On peut en effet démontrer facilement que les axiomes des corps sont bien vérifiés. Seuls 2 problèmes:
- la stabilité pour le produit:  Ne pas oublier que \(\displaystyle P(\alpha)=0\) , ce qui entraîne que la valeur pour \(\displaystyle \alpha\) de tout polynôme rationnel est égale à celle du  reste de la division par P(X).
- L'existence de l'inverse d'un élément non nul:  Remarquer d'abord que \(\displaystyle a\;\alpha^2+b\;\alpha+c\) ne peut être nul que si \(\displaystyle a=b=c=0\) . En effet si a,b,c ne sont pas tous trois nuls, la condition \(\displaystyle a\;\alpha^2+b\;\alpha+c=0\) entraînerait l'existence du polynôme de degré 2 \(\displaystyle aX^2+bX+c\) admettant la racine \(\displaystyle \alpha\) , ce qui est impossible comme on l'a vu.
Soit donc \(\displaystyle a\;\alpha^2+b\;\alpha+c\;\neq\,0\) . Comme les polynômes \(\displaystyle aX^2+bX+c\) et P(X)  de \(\displaystyle \mathbb Q[X]\) sont premiers entre eux (P(X) irréductible) il résulte du théorème de Bézout qu'il existe 2 polynômes U(X) et V(X) \(\displaystyle \in \mathbb Q[X]\) vérifiant \(\displaystyle U(X)(aX^2+bX+c)+V(X)P(X)=1\) . En faisant \(\displaystyle X=\alpha\) on voit que \(\displaystyle U(\alpha)(a\;\alpha^2+b\;X+c)=1\) . Ainsi \(\displaystyle (a\;\alpha^2+b\;X+c)^{-1}=U(\alpha)\) .

Inversement un corps contenant \(\displaystyle \mathbb Q\) et \(\displaystyle \alpha\) contient nécessairement tous les nombres \(\displaystyle a\;\alpha^2+b\;\alpha +c\) que nous venons de voir. Ceci achève la démonstration.

A suivre dans un prochain message.

Pierre (Pedestre)

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