Le cylindre de Jefferson

  Thomas Jefferson, vers 1793, alors qu'il était secrétaire d'état de Georges Washington, et futur Président des Etats-Unis, avait conçu un instrument très ingénieux afin d'envoyer de petits messages codés dans le cadre d'opérations militaires "sur le terrain". Le cylindre de Jefferson consiste en une série de 25 ou 26 roues, emboîtées le long d'un axe fixe, et pouvant tourner indépendamment les unes des autres par rapport à cet axe. Sur chaque roue, on trouve les 26 lettres de l'alphabet, mais écrites dans un ordre quelconque.

  Pour coder le mot CYLINDRE, on fait tourner les roues de sorte de faire apparaitre ce mot sur une ligne devant nos yeux. Puis on choisit une autre ligne, par exemple celle juste en-dessous, et on envoie la série de lettres qui s'y trouve.

  Le destinataire, qui a reçu EGAFQYOR, écrit ce mot sur une des lignes du cylindre qu'il a en sa possession (il doit être exactement identique à celui de l'expéditeur), et recherche sur une autre ligne à quel message clair cela peut correspondre.


  Jefferson abandonna l'utilisation de ce cylindre dès 1802. Plusieurs années plus tard, il fut réinventé par le colonel français Bazeries en 1891, puis par le colonel italien Ducros en 1900. L'armée américaine elle-même réinventera une sorte de cylindre de Jefferson, le CSP-488 (aussi nomme M-94) de 1922 à 1942, dont l'applet ci-dessus simulte le fonctionnement.



  Il est à noter que la protection offerte est très faible. En particulier, une des règles fondamentales de Kerckhoffs est violée : il suffit qu'un ennemi arrive à reconstituer un exemplaire du cylindre pour pouvoir lire ensuite tous les messages. Pour cette raison, il est étonnant que l'armée américaine ait utilisé un outil aussi peu fiable dans une période somme toute aussi récente.

Et encore, dans la cryptographie expliquée...


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