La cryptanalyse



  Si l'on ressent la nécessité d'envoyer un message codé, c'est que quelqu'un va tenter d'écouter ce message et de percer ses mystères. L'attaquant va pratiquer la cryptanalyse, un ensemble de techniques pour tenter de déchiffrer le message codé sans connaitre la clé. Il peut disposer de plusieurs types d'informations pour mener à bien son analyse, et on distingue essentiellement 3 types d'attaque :
  • L'attaque à texte chiffré seul : c'est celle où l'attaquant dispose le moins d'informations, puisqu'il ne dispose que d'un, ou plusieurs, message chiffré.
  • L'attaque à texte clair connu : l'attaquant possède plusieurs paires du type message clair/message codé. Cette attaque est plus fréquente qu'on ne pourrait le penser. Par exemple, les messages allemands diffusant la météo pendant la seconde guerre mondiale commençaient souvent par les mêmes mots et se terminaient par la même formule de politesse. Les Alliés minaient aussi certains ports, sachant que les autorités allemandes envoyaient alors toujours le même formulaire.
  • L'attaque à texte clair choisi : l'attaquant choisit lui-même le message à coder. Cela peut arriver si on a un espion qui fait office d'opérateur dans le camp ennemi. Une autre possibilité est de remettre un message important à un ambassadeur. Il en avisera immédiatement son gouvernement par un message chiffré. Les algorithmes à clé publique sont un autre exemple d'attaque à texte clair choisi, puisque l'algorithme pour chiffrer est public.
  Il existe alors, une fois en possession de tous ces messages, plusieurs techniques pour percer le mystère. La plus basique est l'attaque par la force brute : on essaie, de façon exhaustive, toutes les clés jusqu'à celle qui donne le texte clair. Bien sûr, si la taille de la clé est très grande, une telle approche sera très difficile. Pourtant, si l'algorithme est bien conçu, c'est la seule possible : c'est par exemple la seule que l'on connaisse pour le DES.

  D'autres approches sont liées à des faiblesses structurelles de l'algorithme utilisé : c'est le cas de l'analyse des fréquences pour les alphabets désordonnés, de l'indice de coïncidence pour le carré de Vigenère. Plus récemment ont été inventées la cryptanalyse linéaire et la cryptanalyse différentielle, qui sont notamment efficaces contre des versions plus faibles du DES (avec moins de tours).

Et encore, dans la cryptographie expliquée...


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