15/05 - Salon de la culture et des jeux mathématiques
07/05 - Bulles au carré
07/05 - L'équation du millénaire
25/04 - L'équation du millénaire
08/11 - Le problème des nœuds
08/04 - Pourquoi retourner aux sources des mathématiques?
28/03 - Le monde fabuleux des fractales
21/03 - Le monde est mathématique
20/03 - Prix Abel 2013
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Drôle de personnage que ce
Josef Hoëné-Wronski! Né Josef Hoëné en Pologne en 1778, fils du dernier architecte du roi de Pologne, il commence
par une carrière de militaire, combattant bravement de 1791 à 1794 pour l'indépendance de son pays.
Fait prisonnier en 1794, il doit alors servir l'armée prussienne jusqu'en 1797.
Entretemps, son père est mort, lui léguant une somme d'argent
assez importante. Wronski en profite pour aller en Allemagne étudier les mathématiques et la philosophie
dans diverses universités, avant de s'établir en France à Marseille. Un décret du directoire le fait alors citoyen
français. C'est à Marseille qu'il commence ses travaux scientifiques, rejoignant notamment à partir de 1803 l'observatoire.
En 1803, il a également la révélation du "secret de l'Absolu", et il n'aura de cesse d'exposer ses pensées philosophiques utopistes,
teintées de mysticisme.
Ses écrits scientifiques sont également concernés par cette approche métaphysique: Wronski pense que la philosophie prime sur les preuves mathématiques
rigoureuses.
En 1810, Wronski s'installe à Paris. Il se marie et change son patronyme, de Hoëné pour Wronski.
Il publie cette même année son premier ouvrage sur les fondements des mathématiques, qui est critiqué par Lagrange et Laplace.
Wronski rompt avec l'Institut. Des mécènes qui sont aussi ses disciples lui permettent d'éviter de sombrer dans la pauvreté, mais il se
dispute avec l'un d'entre eux, le banquier Pierre Arson, à qui il a révélé le secret de l'Absolu et qui refuse de payer la totalité de la somme due.
C'est lors de ces années à Paris vers 1810 que Wronski publie ses travaux les plus intéressants. En 1812, dans sa Réfutation
de la théorie des fonctions analytiques de Lagrange, il introduit sa propre idée du développement en série d'une fonction,
et c'est là qu'apparaissent pour la première fois les déterminants qui portent son nom. Cette même année, il pense avoir prouvé que toute équation
algébrique peut être résolue par radicaux. Bien que ceci soit faux, son travail porte des idées nouvelles intéressantes.
En 1819, Wronski part à Londres, afin d'essayer d'obtenir une récompense du bureau des longitudes.
Mais, ses instruments sont d'abord retenus par les douanes à l'entrée du pays, puis il s'avère que son travail sur les longitudes
n'apporte rien de nouveau. De retour à Paris en 1822, Wronski perd sa fille unique, sa femme, puis s'enfonce dans la misère. Il décède en 1853
à Neuilly.
Il est difficile de juger de l'importance de l'oeuvre mathématique et philosophique de Wronski.
C'est peut-être comme inventeur qu'il est le plus convaincant. Il est en effet le premier à avoir l'idée des chenilles pour les tanks.
Enfin, signalons qu'il est possible que Wronski ait inspiré les personnages de Balthazar Claës et de Wierzchownia à Balzac dans la Recherche de l'absolu.
Les mathématiciens contemporains de Wronski (né en 1778)
- Jacques II Bernoulli (né en 1759)
- Jean-Robert Argand (né en 1768)
- Jean-Baptiste Fourier (né en 1768)
- Joseph Gergonne (né en 1771)
- Sophie Germain (née en 1776)
- Carl Gauss (né en 1777)
- Bernard Bolzano (né en 1781)
- Denis Poisson (né en 1781)
- Augustin Fresnel (né en 1788)
- Jean-Victor Poncelet (né en 1788)
- Augustin-Louis Cauchy (né en 1789)
- Charles Babbage (né en 1791)
- Michel Chasles (né en 1793)
- Jean-Marie Duhamel (né en 1797)
Les entrées du Dicomaths correspondant à Wronski
- Wronskien Système fondamental de solutions d'une équation différentielle

