Pierre Varignon (1654 [Caen] - 23 décembre 1722 [Paris])
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Pierre Varignon est un des mathématiciens
français les plus célèbres du temps de Newton et Leibniz, époque où il est vrai
la France ne brillait pas particulièrement dans le domaine des mathématiques.
Elevé dans une famille modeste de la côte normande, il se destine d'abord à une carrière
religieuse, étudiant la théologie et la philosophie au collège jésuite de Caen,
avant d'être ordonné prêtre en 1683. Mais la rencontre fortuite d'un exemplaire
des Eléments d'Euclide change sa vie, et, dans la tradition jésuite,
il se consacre tout entier à l'étude de sa nouvelle passion, les mathématiques.
En 1686, Varignon part habiter Paris. Ses premiers écrits,
notamment
Projet d'une nouvelle Mécanique paru en 1687, le font connaitre,
et il obtient en 1688 un poste au collège Mazarin de Paris. Cette même année, il devient
également membre de l'Académie (royale) des Sciences. A compter de 1704, il enseigne
au Collège royal de Paris, et il devient plus tard membre de l'Académie de Berlin (en 1713)
et de la Royal Society de Londres (en 1718).
Le nom de Varignon est surtout resté attaché à une figure
géométrique, le parallélogramme de Varignon : lorsqu'on joint les milieux d'un quadrilatère
convexe, on obtient un parallélogramme. Ce résultat fait encore l'objet de nombreux
exercices dans nos collèges et lycées. Varignon est aussi, avec le marquis de l'Hospital,
un des deux grands propagandistes du calcul infinitésimal en France. Ses disputes sur
le sujet avec Michel Rolle sont restées célèbres. Il enrichissait son savoir par une large
correspondance, avec Newton, avec Leibniz, et surtout avec les frère Jacques et Jean Bernoulli.
Une anecdote est restée célèbre à ce propos. Jean Bernoulli ne ménageait pas Varignon
dans sa correspondance. Ce dernier répond alors : "Ce qui m'a fait le plus de peine, ce ne
sont pas vos duretés en elles-mêmes, je les reçois en ami, mais c'est de ce que votre
lettre ayant été ouverte à la poste et apportée ainsi à nos portiers, on a pu voir de
quelle manière vous me traitiez".
Varignon fut le premier à utiliser le calcul différentiel
dans certains domaines de la physique. Il est un des pères de la cinématique moderne après sa
formalisation, dans deux communications à l'Académie Royale des Sciences, des définitions
de la vitesse instantanée et de l'accélération. Il prouve notamment que la seconde
est la dérivée de la première. Il est aussi l'inventeur du premier manomètre.
Les mathématiciens contemporains de Varignon (né en 1654)
Les entrées du Dicomaths correspondant à Varignon