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Gaston Julia (3 février 1893 [Sidi-Bel-Abbès, Algérie] - 13 mars 1978 [Paris])

Gaston Julia est un mathématicien français du XXiè siècle. Il est né en 1893 à Sidi-Bel-Abbès, en Algérie, où sa famille d'origine pyrénéenne s'est installée deux générations auparavant. Son père est mécanicien agricole. Malgré ses origines modestes, Julia, encouragé par ses enseignants et sa mère (dont la devise est "Toujours premier!"), peut étudier au lycée d'Oran grâce à une demi-bourse. Il obtient son baccalauréat en 1910 et bénéficie cette fois d'une bourse complète pour continuer ses études au lycée Janson de Sailly à Paris.

Les premiers mois à Paris sont difficiles car Julia a contracté la typhoïde. Il ne fait sa rentrée qu'en novembre mais huit mois lui suffisent, là où il faut normalement deux ans, pour préparer et réussir brillamment (premier!) les concours de l'École Polytechnique et de l'École Normale Supérieure. Il choisit cette dernière et passe l'agrégation en 1914.

La Première Guerre Mondiale éclate et Julia est mobilisé. Il combat au Chemin des Dames et est grièvement blessé le 25 janvier 1915, perdant l'usage d'un oeil et ayant le nez fracassé. Malgré une vingtaine d'opérations, il devra porter toute sa vie un masque en cuir et souffrira de douleurs faciales. Une de ses infirmières pendant sa convalescence, Marianne Chausson, devient son épouse en 1917. Ils auront six enfants dont plusieurs deviendront de grands scientifiques.

Gaston Julia met aussi à profit sa période à l'hôpital pour travailler d'arrache-pied. En novembre 1917, il soutient sa thèse intitulée Étude sur les formes binaires non quadratiques à indéterminées réelles ou complexes, ou à indéterminées conjuguées. En 1918, le grand prix de l'Académie des Sciences lui est décerné pour son travail sur L'itération des fractions rationnelles. Julia y donne une description précise de l'ensemble des points $z$ de $\mathbb C$ tels que la suite des itérées $(f^n(z))$ reste bornée. Ces travaux connaitrons une deuxième jeunesse à partir de 1970 lorsque les mathématiciens, sous l'impulsion de Benoit Mandelbrot, pourront représenter ces structures fractales grâce aux ordinateurs.

Julia mène ensuite jusqu'à sa retraite en 1964 une double carrière d'enseignant à la fois à l'École Polytechnique et à la Sorbonne. Élu membre de l'Académie des Sciences en 1934 (il est alors le plus jeune académicien), animateur de 1933 à 1938 d'un séminaire qui formera les meilleurs mathématiciens français, Julia publie plus de 150 articles de recherche, 40 articles consacrés à l'histoire des mathématiques, et 30 livres. Il s'éteint le 13 mars 1978.

Les entrées du Dicomaths correspondant à Julia

Les mathématiciens contemporains de Julia (né en 1893)