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Georges de Rham (10 septembre 1903 [Roche] - 7 octobre 1990 [Lausanne])

Georges de Rham est un mathématicien et alpiniste suisse du XXiè siècle. Il est né le 10 septembre 1903 à Roche, un village de suisse romande, le cinquième des six enfants d'une famille dont le père est ingénieur dans une cimenterie. Après avoir fréquenté l'école primaire de Roche, il doit poursuivre ses études à Aigle. Ses années au collège (1913-1918) coïncident avec la Première Guerre Mondiale, les horaires de train sont réduits et de Rham doit prendre chaque jour le train de 6h du matin pour se rendre au collège. En 1918, il est atteint par la grippe et doit manquer plusieurs mois l'école.

En 1919, la famille de Rham quitte sa maison de Roche pour un appartement de Lausanne qui sera la résidence de Georges jusqu'à la fin de ses jours. Georges de Rham entre alors au lycée classique de Lausanne jusqu'à son baccalauréat en 1921. Il n'est pas un élève particulièrement brillant et préfère s'adonner à sa passion, l'aquarelle. Les disciplines qui l'attirent le plus sont la philosophie et le Grec. Cependant, ressentant une lacune dans sa formation, il entre à la faculté des sciences où c'est d'abord surtout la biologie qui l'attire. Ce n'est qu'au printemps 1924 que, voulant approfondir certaines questions de physique, il découvre les mathématiques et s'y consacre totalement.

De Rham obtient sa licence ès Sciences en 1925 et devient immédiatement assistant de Gustave Dumas, qui est professeur de mathématiques à l'Université de Lausanne. Dumas le convainc de faire une thèse et lui suggère de partir des travaux de Poincaré en topologie. Grâce à des voyages de plusieurs mois à Paris en 1926 et 1928 à Paris (payés sur ses deniers personnels), où il peut discuter notammer avec Lebesgue et Elie Cartan, et malgré une charge important de cours à partir de 1928 (il devient alors professeur au collège classique de Lausanne), de Rham rédige et soutient sa thèse en 1931. Elle contient des résultats très importants : de Rham découvre en effet de nouveaux invariants topologiques, c'est-à-dire des objets qu'on peut attacher à des surfaces et qui ne changent pas si on déforme continuement ces surfaces.

Ces premiers travaux ont un grand retentissement. De Rham est nommé professeur temporaire à l'Université de Lausanne en 1932, puis professeur dans les Universités de Lausanne et de Genêve de 1936 jusqu'à sa retraite en 1971. Il consacre l'essentiel de ses recherches à la topologie et à la géométrie différentielle, jouant un rôle majeur dans l'élaboration des théories de Hodge, des faisceaux, des courants. Il est aussi un enseignant apprécié et participe notamment au comité de rédaction de la revue L'Enseignement Mathématique de 1967 à 1976.

Outre les mathématiques, l'autre passion de de Rham est l'alpinisme. Dès l'adolescence, il enchaîne les escalades de sommets avec son père et un de ses frères. Par la suite, il ouvre de nombreuses voies nouvelles dans les Alpes valaisiennes et les Alpes vaudoises. Considéré comme un des meilleurs alpinistes suisses de 1930 à 1960, il écrit une monographie sur l'Argentine, une paroi calcaire des Alpes vaudoises, qui est une référence sur le sujet.

Enfin, de Rham est impliqué dans la vie scientifique de son pays et dans les échanges internationaux. Tour à tour président de la société mathématique suisse, membre du Conseil National Suisse de la Recherche Scientifique, il est, en plein coeur de la guerre froide, président de l'Union Mathématique Internationale de 1963 à 1966 et par conséquent Président du Congrès International des Mathématiques tenu à Moscou en 1966. Membre de plusieurs sociétés savantes (dont l'Académie des Sciences), il reçoit le prix de la fondation Marcel Benoist en 1965 et celui de la ville de Lausanne en 1979.

Les mathématiciens contemporains de De Rham (né en 1903)