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Maurice Audin (14 février 1932 [Beja] - 21 juin 1957 [Alger])

Maurice Audin est un mathématicien français du XXè siècle dont le nom et le destin sont restés liés aux dérives de la guerre d'Algérie. Il est né le 14 février 1932 à Beja, en Tunisie, où son père était gendarme. Suivant les affectations de son père, il habite dans son enfance successivement à Aïn Draham (toujours en Tunisie), puis à Bayonne où il vit lorsque la guerre éclate. Après l'armistice de juin 1940, il rejoint son père à Toulouse où ce dernier avait été démobilisé. Puis la famille émigre en Algérie, plus précisément à Koléa (à trente kilomètres au sud-ouest d'Alger), à la fin de l'année 1940. En 1943, alors qu'il est en cinquième, il devient pensionnaire à l'école militaire préparatoire de Hamman Righa jusqu'à sa dissolution en 1946. Il y souffre d'une méningite. Il fréquente ensuite l'école militaire préparatoire d'Autun pendant deux ans, avant de suivre son année de terminale au lycée Gauthier d'Alger. Il entre à l'université d'Alger en novembre 1949 et y obtient un diplôme d'études supérieures en mathématiques en 1953. Il devient alors assistant de René de Possel (toujours à Alger), enseignant à l'université tout en préparant sa thèse sous la direction de ce dernier. C'est aussi en 1953 que Maurice Audin épouse (lors d'un mariage uniquement civil) Josette Sempé, rencontrée sur les bancs de la faculté. Ils auront trois enfants, Michèle (1954, devenue mathématicienne elle aussi), Louis (1955) et Pierre (1957).

Les dernières années de la vie de Maurice Audin sont marquées par la réalisation de sa thèse et par son engagement politique. Son travail mathématique est prometteur. Il conduit à l'élaboration de six notes aux Comptes-rendus de l'Académie des Sciences. Son engagement politique commence lui en 1951 avec son adhésion au parti communiste algérien. Il est anti-colonialiste, participe à la diffusion de la presse communiste et apporte un soutien logistique aux militants passés dans la clandestinité. C'est l'hébergement d'un des dirigeants du parti communiste algérien, Paul Caballero, alors qu'il doit être soigné par un médecin du parti, qui met les parachutistes sur sa trace. Ceux-ci l'arrêtent chez lui le 11 juin 1957. La thèse officielle est qu'il s'est ensuite échappé lors d'un transfert le 21 juin et que personne n'a retrouvé sa trace.

La disparition de Maurice Audin a un grand retentissement en France. Un comité est créé en novembre 1957, porté par plusieurs personnalités (dont les mathématiciens Laurent Schwartz et Albert Châtelet). Il tente d'établir la vérité sur la disparition du jeune Maurice Audin. Une enquête réalisée par l'historien Pierre Vidal-Naquet, publiée sous la forme d'un livre intitulé L'affaire Audin, permet d'établir que l'évasion était impossible et que Maurice Audin est probablement mort le 21 juin 1957 au cours d'une séance de torture, assassiné par un officier servant sous les ordres du général Massu. Les détails restent inconnus, comme le lieu où son corps est enterré.

Lors de son arrestation, la thèse de Maurice Audin était presque achevée et la soutenance prévue pour le début de l'année 1958. Une soutenance posthume fut organisée le 2 décembre à Paris, devant des dizaines de professeurs, des centaines d'étudiants, un public nombreux (dont François Mauriac). Le jury était constitué de Laurent Schwartz, Jean Favard, René de Possel et Jacques Dixmier.

Les informations biographiques sont extraites du livre Une vie brève écrit par Michèle Audin.

Les mathématiciens contemporains de Audin (né en 1932)